Innovation & diversité culturelle au Québec | Patates Dolbec

De la Normandie à Saint-Ubalde : chez Patates Dolbec, producteur de pommes de terre de l’est du Canada, dix nationalités font grandir l’entreprise familiale.

Innovation et diversité culturelle chez Dolbec : des parcours différents, une même équipe

Des Dolbec de Normandie aux producteurs de patates de Portneuf

Avant d’être une marque de patates, Dolbec est un nom d’immigrant.

Selon les registres généalogiques québécois, la lignée remonte à François Dolbec, né vers 1648 à Évrecy, en Normandie. Il traverse l’Atlantique, épouse Marie-Anne Masse à Québec en 1675 et s’établit dans la colonie, où il meurt en 1728. Dix générations plus tard, on arrive à Herman Dolbec, né à Saint-Ubalde en 1945, fils d’Adrien — celui qui possédait la charrue, le cheval et les 25 acres de terre sableuse du rang.

Herman rachète ce que son père détenait et, avec Francine Sauvageau, il décide de se lancer en affaires et de cultiver la pomme de terre, au milieu des années 1960. Le bureau est au rez-de-chaussée de la maison, l’entrepôt au sous-sol. Aujourd’hui, l’entreprise familiale dirigée par leur fils Stéphan Dolbec et sa conjointe Josée Petitclerc cultive 10 000 acres en rotation et récolte près de 40 000 tonnes de pommes de terre par année, dans une grande variété de couleurs et de calibres – jaune, rouge, blanche, russet, grelot. C’est ce qui en fait le plus important producteur/emballeur de pommes de terre de l’est du Canada.. Son centre d’emballage mise sur la technologie la plus récente du secteur.

Autrement dit : l’histoire de Patates Dolbec commence elle aussi par quelqu’un qui a traversé un océan pour se bâtir une vie ailleurs. C’est simplement arrivé il y a plus de trois siècles et demi. Et c’est une nuance qui vaut la peine d’être dite, parce qu’elle change la façon de regarder ce qui se passe aujourd’hui dans les champs et au centre d’emballage.

Chaque matin à Saint-Ubalde, des collègues originaires du Cameroun, du Guatemala, du Mexique, de la Tunisie, de Madagascar, de Cuba, de la Chine, de la France, de la Côte d’Ivoire et du Canada se retrouvent pour une même mission : nourrir les gens. Derrière ces origines multiples, il y a des personnes, des familles et des histoires uniques. Des parcours qui commencent parfois à des milliers de kilomètres d’ici et qui se poursuivent dans nos beaux villages québécois — exactement comme celui des Dolbec, quelques siècles plus tôt.

Venir au Québec pour bâtir un avenir

L’histoire d’Hasimbola, originaire de Madagascar, illustre bien cette réalité. Marié et père de trois enfants, il rêvait depuis l’enfance de venir vivre et travailler au Québec. La qualité de vie et les nouvelles possibilités offertes à sa famille ont motivé son projet d’immigration.

Avant son arrivée, Hasimbola gagnait sa vie comme technicien en électromécanique, notamment en maintenance et en réparation. Pour concrétiser son projet, il a consacré plusieurs mois à sa préparation. Aujourd’hui, il apprécie particulièrement la stabilité et la sécurité que lui procure sa vie au Québec. Son souhait pour l’avenir est à l’image de cette nouvelle étape : s’installer de façon permanente à Saint-Ubalde avec les siens, développer ses investissements et atteindre une plus grande indépendance financière.

Son parcours rappelle qu’un emploi peut représenter beaucoup plus qu’un travail. Pour certaines personnes qui arrivent d’ailleurs, il devient une porte vers un nouveau départ, pour elles et pour leur famille. Herman et Francine ne diraient probablement pas autre chose de leurs propres débuts.

Une entreprise qui rassemble des gens d’ici et d’ailleurs

L’agriculture québécoise fait face à une importante pénurie de main-d’œuvre. Chez Patates Dolbec, la présence des collègues provenant de différents horizons permet de poursuivre le développement de l’entreprise et de continuer à cultiver, trier et emballer les patates qui se retrouvent dans les épiceries du Québec et du Canada.

Accueillir du monde, ça demande aussi des installations. En 2019, l’entreprise a acheté le restaurant-motel du village pour le convertir en résidence pour les travailleurs internationaux — la Casa. Quarante-quatre personnes venues du Guatemala, du Mexique et de la Tunisie y ont trouvé un toit pour prêter main-forte à l’équipe pendant les périodes les plus achalandées.

Cette diversité apporte aussi une richesse humaine aux équipes. Chaque personne arrive avec son histoire, ses expériences, ses connaissances et sa vision du monde. Lorsque des gens issus de cultures et de générations différentes travaillent ensemble, ils partagent leurs idées et leurs façons de faire.

Le leadership de Patates Dolbec met d’ailleurs de l’avant cette richesse comme une valeur d’entreprise. Au fil des années, les méthodes d’intégration, de formation et de communication ont été adaptées afin de mieux répondre aux réalités de chacun. Des formations et des outils ont également été élaborés pour soutenir la compétence interculturelle des équipes. Parce que bien accueillir quelqu’un, c’est aussi lui donner les moyens de trouver sa place.

Quand l’histoire continue ici

Pour les collègues venus d’ailleurs, le parcours peut aussi mener à l’obtention de la résidence permanente. Patates Dolbec facilite cette démarche et accompagne son monde dans ce processus. Une fois ce cap franchi, certaines familles choisissent de s’installer ici, dans nos régions, avec leurs proches. D’autres y fondent leur famille. C’est là que la diversité culturelle prend une autre dimension : elle ne se limite plus au milieu de travail, elle contribue aussi à faire vivre nos communautés.

Les retombées vont parfois beaucoup plus loin. Grâce à un salaire stable, certains collègues ont notamment contribué à la reconstruction de systèmes d’aqueduc dans leur village au Guatemala. D’autres ont investi dans des équipements, comme des machines à coudre, pour permettre à leur famille de développer leur autonomie financière. Certaines familles ont aussi pu recevoir des soins de santé dans leur pays d’origine, y compris des opérations qui, autrement, n’auraient pas été possibles. Le travail réalisé ici a donc un impact qui dépasse largement les champs et le centre d’emballage de Patates Dolbec.

La diversité, c’est aussi une histoire de générations

Lorsqu’on parle de diversité culturelle, on pense naturellement aux différentes nationalités. Mais chez Patates Dolbec, la diversité se décline aussi à travers les parcours et les générations qui se côtoient au quotidien.

La famille Pageau en est un bel exemple. Denis, le père de Véronique, est mécanicien chez Patates Dolbec depuis trente-deux ans. Véronique y est conseillère en ressources humaines depuis huit ans et ses trois filles font également partie de l’entreprise, en tant qu’étudiantes : Coralie et Raphaëlle occupent un poste de soutien administratif depuis respectivement cinq ans et quatre ans, et Mathilda est manœuvre au centre d’emballage depuis six mois.

Le clan Pageau illustre l’attachement de familles établies ici depuis longtemps et la transmission des valeurs d’une génération à l’autre. Du côté des Dolbec, la même logique se poursuit avec Zachary, fils de Stéphan et de Josée. La 4ième génération est bien présente : Zachary est Coordonnateur de projets et développement commercial , Thierry est Leader d’équipe – Production agricole et amélioration continue

D’un côté, des familles québécoises font partie de l’histoire de Patates Dolbec depuis des décennies. De l’autre, des familles arrivées d’ailleurs choisissent de bâtir leur avenir au sein de cette entreprise. Entre les deux, ce sont des collègues d’ici et d’ailleurs qui transmettent leur savoir et leurs valeurs aux générations suivantes.

Onze générations après François Dolbec, le principe n’a pas tellement changé : on arrive, on s’enracine, on cultive. Ensemble, ils poursuivent la même mission : faire grandir Patates Dolbec et nourrir les gens.